Pourquoi l'Algérie a annulé le projet à 6 milliards de dollars et quelle est l'alternative stratégique ?

Début ou mi-2025, les rumeurs qui circulaient en coulisses se sont confirmées : le projet du Port Centre d'El Hamdania (Cherchell), qualifié pendant des années de "projet du siècle", a été effectivement gelé et abandonné.


Ce n'est pas un "échec", mais une "correction stratégique" audacieuse. Le gouvernement algérien a décidé de stopper l'hémorragie financière dans des mégaprojets obsolètes pour réorienter les fonds vers les "véritables artères de l'économie" (Chemins de fer et Mines).


Dans cette analyse, nous dévoilons avec les chiffres et les faits stratégiques pourquoi "Djen Djen" est une meilleure option qu'"El Hamdania" dans la conjoncture actuelle.


1. Le langage de l'argent : Échapper au "piège de la dette" chinoise

La première et principale raison est le coût financier exorbitant.

  • Le dilemme : Le coût du port d'El Hamdania était estimé entre 5 et 6 milliards de dollars. Le plan reposait sur des prêts à long terme auprès de banques chinoises (Exim Bank).
  • L'analyse : Dans le cadre de la nouvelle stratégie souveraine (2024-2025), l'Algérie refuse d'hypothéquer son économie avec des dettes extérieures. L'annulation est une décision "souveraine" pour éviter le scénario d'autres pays incapables de rembourser les dettes de projets similaires.

À lire aussi : Si vous pensez que l'annulation du port est une perte, sachez que l'Algérie possède un autre véritable "projet du siècle" qui rapportera des milliards... Découvrez les détails impressionnants ici : [Projet Gara Djebilet : Comment il va redessiner la carte économique de l'Algérie]

Découvrez : L'alternative stratégique

2. La boussole logistique : Les richesses sont à l'Est et au Sud, pourquoi un port au Centre ?

C'est ici que réside "l'intelligence stratégique" de l'abandon du projet. Regardons la carte économique de l'Algérie en 2025 :

  • La vraie richesse : Elle réside dans le Phosphate (Tébessa/Annaba) et le Fer (Tindouf/Béchar/Oran).
  • L'erreur stratégique passée : Construire un immense port à "Cherchell" (Centre) ne sert pas directement l'exportation de ces richesses. Pire, cela nécessiterait un réseau de transport très coûteux pour le relier aux mines éloignées.
  • La solution alternative : Développer le Port d'Annaba (pour l'Est) et le Port d'Oran/Arzew (pour l'Ouest) est l'option la plus efficace pour réduire les coûts logistiques.

3. L'alternative prête : "Djen Djen"... Le géant endormi se réveille

Au lieu d'attendre 7 ans (durée de réalisation d'El Hamdania), l'État a parié sur le Port de Djen Djen (Jijel) qui possède des caractéristiques mondiales inexploitées :

  • Profondeur marine : Djen Djen est un port en eaux profondes (18 mètres) capable d'accueillir les plus grands porte-conteneurs du monde, tout comme El Hamdania.
  • Désenclavement : Avec la livraison de la route pénétrante (Pénétrante) le reliant à l'Autoroute Est-Ouest, et le raccordement ferroviaire, "Djen Djen" est prêt à fonctionner immédiatement avec un coût de développement ne dépassant pas 20% de celui d'un nouveau port.
Ne manquez pas ceci : Loin des ports, une autre richesse "oubliée" dans notre désert fait l'objet d'une course entre la Chine et l'Europe... Lisez le rapport qui dévoile tout : [La nouvelle carte des richesses de l'Algérie : Terres rares et Lithium]

4. Conclusion : Priorité au Rail (Rail over Port)

L'Algérie n'a pas annulé le projet par "incapacité", mais parce qu'elle a "changé ses priorités".
L'argent économisé grâce à l'annulation d'El Hamdania (6 milliards USD) est désormais injecté pour accélérer les gigantesques projets ferroviaires (Ligne Gara Djebilet - Béchar, et la ligne du Phosphate).
La logique économique dicte : "Construis d'abord la route qui transporte la richesse, puis agrandis le port".

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